
Paraphrasant l’une des déclarations de Linus
Torvalds, selon laquelle « Given enough eyeballs,
all bugs are shallow », Christophe Le Bars a
conclu son intervention sur une version adaptée à
la circonstance : « Given enough free
software, all spam are shallow ».

Télécharger
la présentation de M. Le Bars (pdf)

« Pour mon compte eBay, j’utilise un Token
spécifique… que j’ai retrouvé
quelque mois plus tard sur un spam. Il m’a alors suffit
de changer de Token » Clemens Perz, All About
It

Télécharger
la présentation de SpamKiss (pdf)

«
Pour nous, depuis son apparition fin 2001, le spam est en
croissance forte. Il représente désormais
environ la moitié des messages que nous recevons
» Sébastien Vautherot (CCR Jussieu)

Télécharger
la présentation de M. Vautherot (pdf)
|
Compte
rendu de la conférence-débat :
« Techniques anti-spam : l'apport du monde du
logiciel libre »
mercredi
20 Octobre 2004
Monsieur
Eric Walter, chef du bureau des évaluations économiques
et de la société de l’information (Direction
du développement des médias), après
avoir accueilli les auditeurs, a souligné combien
cette manifestation s’inscrit en droite ligne avec
l’un des objectifs que s’est fixé le
groupe de contact anti-spam, à savoir « faciliter
et accompagner la mise en œuvre d'actions concrètes
contribuant à résorber le spam , dans ses
causes comme dans ses effets ».
Avant même l’apparition de solutions propriétaires
et commerciales, certains internautes ont créé
de toute pièce leur propre moyen de défense.
Aujourd’hui, les communautés du logiciel libre
ont pris le relais et proposent des filtres qui présentent
des caractéristiques de souplesse et d'évolution
particulièrement intéressantes pour les usagers.
L’objectif de cette matinée était de
porter à la connaissance des victimes du spam qu’il
existe, à côté des solutions propriétaires,
une alternative crédible et variée qu’il
convient de considérer.
Plusieurs spécialistes ont ainsi synthétisé
cette offre, avec force exemples concrets.
Administrateur de l'APRIL, « Association Pour
la Recherche en Informatique Libre », monsieur
Christophe Le Bars
a apporté les réponses à des questions
d’ordre général : Qu’apporte le
logiciel libre dans cette lutte féroce ? Quel historique
? Quel est le panorama des solutions existantes ? Quelles
sont les voies d'avenir ? Comment participer aux efforts
de la communauté libre ? Quelle démarche adopter ?
Il a présenté des outils tels que Mozilla,
Spam me not, Spamcup, SpamAssassin, MailScanner ou encore
SpamD.
Il note que les développeurs du monde du logiciel
libre sont généralement très touchés
par le spam (il en reçoit personnellement plus de
5.000 par mois), car ils utilisent leurs adresses électroniques
depuis plusieurs années et qu’ils sont amenés
à les communiquer sur des forums. Ils se sentent
également concernés, dans le sens où
les pourriels mettent en péril Internet, un moyen
de communication idéal, sans lequel leur démarche
collaborative n’aurait pu éclore.
Pour Christophe Le Bars, la communauté du monde du
logiciel libre, de par sa rapidité à faire
évoluer les outils anti-spam, est bien placée
pour réagir au plus près en fonction des nouvelles
méthodes utilisées par les spammeurs.
Madame
Sabine Baumeister
et Monsieur Clemens Perz,
de la société All about it, ont ensuite
présenté une démarche innovante, qui
permet de limiter fortement la réception des pourriels
en prenant le problème à la racine, c’est
à dire en visant à empêcher l’envoi
proprement dit.
Leur mécanisme, baptisé SpamKiss,
est basé sur un « Token », qui
est un simple mot indiqué par un internaute à
ses correspondants et qui ne doit être utilisé
que lors de la première correspondance (pour découvrir
le fonctionnement détaillé, se reporter à
la présentation). Cette démarche peut être
rattachée à la tendance qui se dessine en
faveur de l’authentification des emails. Une analogie
fort intéressante était établie avec
les procédures de filtrage d’appels téléphoniques
utilisées en entreprise. Il est vrai toutefois qu’avec
ce système, la gestion de cette protection incombe
à chaque utilisateur.
SpamKiss
est proposé en modèle hybride : une version
en Open Source et une version payante avec support. « Mettre notre mécanisme à disposition en
version Open Source est pour nous très important
afin d’en faire connaître les avantages mais
également bénéficier des retours d’expérience
de la communauté. » a précisé
Clemens Perz, développeur du produit.
Sabine Baumeister insistait pour sa part dans l’action
directe de SpamKiss sur le modèle des spammeurs :
il ne leur suffit pas de s’approprier les adresses
électroniques, il leur faut également collecter
ces fameux Token; le temps nécessaire pour le faire
rend l’opération trop coûteuse pour les
spammeurs.
La
seconde moitié de la conférence a été
dédiée à un autre type de filtre, j-chkmail,
qui a également été présenté
par son auteur.
Monsieur José Marcio
Martins Da Cruz est Ingénieur chercheur
au centre de calcul de l’école des mines de
Paris. Après avoir signalé les travaux d’autres
développeurs français (Xavier Leroy et son
Spam Oracle, Emmanuel Dreyfuss et son Milter-Greylist) dans
le domaine de la lutte anti-spam, monsieur Da Cruz a relaté
les raisons de sa démarche et de ses choix de développement.
Il
a ainsi accordé une grande importance à la
fiabilité du système – un serveur de
mail est en effet une cible privilégiée pour
des attaques- et à la protection du serveur de messagerie
: j-chkmail est donc un filtre auto-régénérant
(opérationnel en moins de deux secondes après
une coupure), capable de mesurer les cadences de connexion,
d’en contrôler le nombre, de prendre en compte
les ressources en temps réel et de résister
à une attaque en déni de service.
Représentatif des dernières générations
d’outils de type « comportemental », son
filtre est également à même de détecter
les « erreurs d’adressage » et de prendre
aussitôt les mesures appropriées. La protection
contre les attaques DHA (« Directory Harvest Attack », ou siphonage des adresses électroniques)
est donc assurée.
José Marcio Da Cruz a également dévoilé
les traces d’une attaque maîtrisée récemment
par son outil. Malgré la diffusion de spams par une
classe C entière, j-chkmail a correctement laissé
passé les centaines de messages utiles.
J-chkmail associe également le filtrage viral. Il
est utilisé avec profit par l’Ecole des Mines,
mais également par les laboratoires de la NASA.
Monsieur Sébastien
Vautherot, responsable anti-spam du CCR
de l'Université de Jussieu, a témoigné
de son expérience de terrain concernant cet outil,
qu’il a sélectionné après avoir
étudié d’autres solutions, telles que
Bogofilter ou SpamAssassin. Plus de 40.000 boîtes
aux lettres, réparties sur plusieurs sites parisiens,
sont donc protégées par j-chkmail.
Une problématique particulière à traiter
: parmi les utilisateurs figurent trois centres hospitaliers
universitaires… qui souhaitent recevoir les messages
ayant trait aux produits pharmaceutiques et au corps humain.
Le point particulier des faux-positifs a donc été
particulièrement étudié (le marquage
des messages a été retenu), de même
que l’information des internautes lors de la mise
en place du dispositif.
Il a souligné les points forts de l’outil ;
des statistiques pertinentes et en temps réel et
une faible consommation de ressources. Le traitement des
plaintes utilisateurs a également été
réduit, et ne représente que 10% du temps
de travail des administrateurs de messagerie.
Depuis quelques semaines, monsieur Vautherot expérimente
également le greylisting (connu également
sous le nom de relay delay), qui bloque 60% des spams à
la source.
Ce témoignage a été complété
par celui de monsieur Jean-Louis
Thévenet, responsable système
au sein de la Direction des Systèmes d’Information
de France 3 (groupe France Televisions). Ses prérogatives
s’étendent au stockage, à la sauvegarde
et à la sécurité des systèmes.
Désireux de protéger son entreprise (4.600
collaborateurs dont 1.400 journalistes répartis sur
90 sites) de ce fléau, monsieur Thévenet a
expérimenté l’approche j-ckmail.
Suite à une attaque de spams massive, avec des pointes
supérieures au million de pourriels par jour (plus
précisément de messages adressés à
des utilisateurs inconnus), une réflexion de fond
a été menée. Les outils, leurs configurations,
les méthodes ont été revues. De plus
les utilisateurs ont été sensibilisés,
de même que la direction juridique.
L’outil j-ckmail a été sélectionné
pour trois raisons principales ; il s’interfaçait
à perfection avec l’existant, il propose une
approche pro-active extrêmement puissante et il délivre
des statistiques de haut niveau.
Monsieur Thévenet a rejoint messieurs Vautherot et
Da Cruz sur les inévitables efforts que doivent toutefois
consentir les utilisateurs (préparation de dossier
« spam » sur leur client de messagerie
par exemple), et auquel ils ne sont pas toujours préparés.
Lors d’un échange avec Monsieur Stéphane
Bortzmeyer (AFNIC), présent dans l'assistance, il
était de plus évoqué une inévitable
augmentation du niveau de compétences demandé
aux administrateurs de serveurs de messagerie .
On voit donc que la communauté des développeurs
s’est saisie très tôt du problème
« spam », avec volonté et constance.
Elle a su produire des solutions novatrices et efficaces,
à des prix attractifs. Cette conférence confirme
que les entreprises peuvent également avoir recours
à ce genre de solutions.
Cette
conférence était la troisième du cycle
organisée pour la Direction du développement
des médias, par messieurs Frédéric
Aoun et Bruno Rasle. Elle fait suite à une conférence
dédiée aux aspects
juridiques de la lutte contre le spam. Elle précède
une matinée consacrée au filtrage basé
sur liste.
|

« Si vous aviez le choix entre arrêter la
pluie et mettre un imperméable, que feriez vous ? Appliqué
au Spam, nous pensons qu’il faut mieux en réduire
l’émission plutôt que de passer son temps
à le filtrer »
Sabine Baumeister (All About it)

« Les spams sont souvent transmis par rafales alors
que les messages normaux répondent plutôt à
un profil plus réparti dans le temps »
José Marcio Martins Da Cruz (Ecoles des Mines)

Télécharger
la présentation de M. Martins Da Cruz (pdf)

« Je ne souhaite à aucune entreprise de connaître
l’attaque en spamming que nous avons vécue » Jean-Louis Thévenet, France 3

Télécharger
la présentation de M. Thévenet (pdf)
|